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Lou Deprijck
par Hugues Henry de Frites.be (21 août 2000). |

Auteur, compositeur ("pilleur" d'après certains), producteur... Lou Deprijck est le king autoproclamé de la pop Kleenex. Lou & The Hollywood Bananas, Two Man Sound, Plastic Bertrand ("J'ai composé, produit et chanté ses 4 premiers albums"), Viktor Lazlo... Quelques-unes de ses créations. Ange ou démon? Lou Depriick vit désormais en Thaïlande. Nous l'avons coincé de passage en Belgique pour la production de prochains titres de Kim Kay.
Frites.be: Avant toute chose, qu'est-ce qui fait courir Lou Deprijck à l'aube du nouveau millénaire?
Lou Deprijck: "Je viens de terminer l'album d'un groupe de Miami, Dino and the Love et je m'occupe du nouveau simple du Grand Jojo pour son album de mambo. En 2001, je tournerai avec un big band, je chanterai des vieux standards de Franck Sinatra, Dean Martin... et après, je prends ma pension."
Belge d'origine, il semble que vous n'êtes pas attaché à vos racines: vous officiez beaucoup plus dans les musiques latinos que dans les harmonies et fanfares.
"Je suis né deux fois, une fois à Lessines et une fois au Brésil. Lorsque j'ai représenté la Belgique au festival de Cansa Popula, le jury était composé, notamment, de Serge Gainsbourg et de Michel Fugain qui représentaient la France. C'était l'époque de l'insouciance et je suis tombé amoureux de la musique brésilienne, cela m'a donné envie de me perfectionner et d'approfondir les rythmes de cette musique."
On naît belge par hasard, on le reste par conviction, on s’en éloigne à cause des taxes![]()
Lorsqu'on vous a proposé un petit rôle au cinéma, dans Blessure, vous aviez peur qu'on vous caricature "en Belge". Avez-vous honte de l'être?
"Non, une fois, non... Je suis belge, pas spécialement fier de l'être. Je suis né en Belgique par hasard, je serais né 30 km plus bas, j'aurais été français et, 100 km plus haut, j'aurais pu être hollandais. On est un peu belge par hasard, on le reste par conviction, on s'en éloigne à cause des taxes."
Pensez-vous qu'il reste des lieux non explorés en Belgique?
"Plein. Dès que vous passez le 22e parallèle vers le nord, vous êtes en pleine exploration. Je travaille indifféremment en Flandre et en Wallonie et je m'aperçois que le fossé qui sépare flamands et wallons se creuse de plus en plus. Mon père est flamand et ma mère wallonne, je n'ai pas de problème à ce niveau-là, c'est simplement un point de vue... une "vue d'avion". C'est comme Bruxelles, cela fait 25 ans que j'y suis, mais je ne l'aime plus parce que mon Bruxelles ne ressemble plus à celui d'il y a 25 ans. Ce n'est pas de la nostalgie, mais simplement un état de fait, peut-être que c'est moi qui devient un vieux chicon et qui ne comprends plus rien..."

Il reste cependant les Frites, il est important qu'on en parle!
"Oui, les frites, j'en mange depuis toujours. Je suis tombé dedans quand j'étais petit. J'ai toujours eu la frite d'ailleurs!"
Même à l'étranger, vous faites encore vos frites?
"Oui, maintenant que je réside en Thaïlande je fais toujours des frites à l'ancienne."
Vous emmenez dans vos bagages de la graisse de bœuf?
"Oui, j'essaie, j'en mets dans mes bagages. Dans mon village d'origine, on trouve encore de la graisse toute blanche, dans des paquets sans nom, sans marque, sans rien. C'est celle-là que j'utilise."
N'avez-vous jamais eu de problème à la douane alors que vous tentiez de passer cette graisse de bœuf?
"Je ne crois pas que les dealers ont déjà fondu de la cocaïne de cette façon-là. A mon avis, si je suis passé, c'est parce qu'ils n'ont rien compris. Je dis que c'est de la graisse de bœuf, que c'est pour faire des frites, les douaniers me prennent pour un demi taré et ne cherchent pas à comprendre..."
Je fais les Frites comme ma grand-mère![]()
Vous avez une astuce, une recette particulière pour faire vos Frites?
"Je les fais comme ma grand-mère: je les fais "minute". Je pèle les pommes de terre un quart d'heure avant de les cuire et je ne les laisse pas traîner. Je les lave, les sèche et je les tape directement dans la friture. Ensuite, j'attends le moment où elles sont croustillantes et je les sors."
Quelles sont les personnalités belgo-belges pour lesquelles vous avez de la sympathie? Excepté le Grand Jojo...
"Eh bien, le Grand Jojo, c'est un pote depuis des années et je suis son producteur. Il ne dira pas de mal de moi, puisque j'ai encore un disque à faire avec lui. En dehors de lui, j'ai travaillé avec la moitié de la Belgique. En ce moment, je produis le nouvel album de Kim Kay et je supervise. Mais je n'ai pas de préférence marquée, j'aime autant Eddy Wally que Arno. Deux personnes que je côtoie et qui sont à des milliards de kilomètres l'un de l'autre. Les gens que je n'aime pas peut-être?"

"Je n'aime pas trop les politiciens qui changent de veste tout le temps."
Vous n'avez jamais chanté à l'occasion d'un congrès politique?
"Moi, je change de veste tout le temps, mais je le dis à l'avance. Eux, ils ne disent rien. Qui est-ce que je déteste le plus? Jan Bucquoy, c'est un emmerdeur anarchiste et facho. Noël Godin, je ne l'apprécie pas trop non plus. Je ne comprends pas ce qu'il dit, ses bouquins sont incompréhensibles. Si entarter des célébrités est sa façon de faire parler de lui autrement qu'à travers ses bouquins, alors c'est gagné. Je ne sais pas où est son talent en fait."
Vous seriez plutôt du genre Annie Cordy?
"Ah, Annie Cordy, c'est Annie Cordy! Avec Bourvil, elle représente toute ma jeunesse; elle est immuable, c'est une artiste, une vraie. Elle fait partie de ces artistes qui n'existent plus à notre époque."
Avez-vous eu l'occasion de passer de bons moments avec Annie Cordy?
"J'ai fait deux ou trois fois sa première partie. Elle assume tout, Mimi la Chance et Tata YoYo, pour elle, c'est la même chose. Elle défend tout avec le même enthousiasme, j'admire beaucoup des gens comme elle. Et sur la planète, qu'est-ce que j'admire le plus? J'ai deux idoles en fait: Mère Teresa et Alka Seltzer. Alka Seltzer a quand même sauvé ma vie plusieurs fois! Et Mère Teresa a fait ce que j'admire le plus au monde: s'occuper des gens qui n'ont rien. On aimerait pouvoir le faire, mais on a la lâcheté de ne pas le faire. J'essaie d'aider les gens quand je peux, j'ai habité quelque temps en Haïti, le pays le plus pauvre au monde après l'Inde; les gosses bouffent de la terre. On n'en parle pas tellement pour le moment. Disons que j'ai fait mes petites BA un peu en douce. Cela me rassure, je me dis que si je me casse la pipe, là-haut, ils vont faire une balance entre toutes les conneries que j'ai pu faire et le reste."
Plastic Bertrand a disparu, il a fondu sur un ordinateur![]()

Dans votre vie, pensez-vous avoir fait plus de conneries ou plus de bonnes actions?
"Disons que j'ai rééquilibré la balance... C'est comme Woody Allen, je vais me réincarner en éponge, c'est le seul animal qui ne fait de mal à personne. Une éponge, c'est mignon, c'est gentil, elle n'a pas d'ennemi une éponge."
Amateur d'histoires belges, pourriez-vous nous en raconter une bête et méchante?
"Connaissez-vous la différence entre une fée et une sorcière? Deux ans de mariage. Une autre: savez-vous ce que représente un bouton sur la bite de Noël Godin? Une tumeur au cerveau."
Passons à Plastic Bertrand.
"Vous avez une autre question? Il a fondu Plastic, non? Il a voulu faire sa rentrée télévisuelle... Ca s'est une histoire belge d'ailleurs! Plastic Bertrand a disparu, il a fondu sur un ordinateur..."
Vous avez déclaré que vous aviez chanté sur...
"J'ai chanté à sa place, tout le monde sait ça! De 1976 jusqu'en 1980."
Avez-vous un souvenir d'enfant ou d'adolescent qui se déroule dans un Fritkot?
"Quand je travaillais à la Régie des Télégraphes et Téléphones, j'ai commencé à Lessines, je touchais 4000 balles par mois je crois, au début des années 60. Tout ce que je pouvais me permettre le midi, c'était d'aller au Fritkot, le Fritkot de la gare. La patronne m'avait fait un prix au mois, à condition que j'aille manger des frites tous les jours. C'était 12 francs le paquet et 3 francs pour la mayonnaise."
Ce rituel de la Frite au quotidien a-t-il eu une quelconque influence sur votre carrière musicale?
"Je ne sais pas si la frite a influencé ma musique, honnêtement... La patate oui! On dit toujours qu'il faut avoir la pêche ou la patate... Oui, avoir la frite aussi d'ailleurs... Montre-moi ta frite et je te dirai qui tu es!"
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(21 août 2000) Serait-ce donc lui qui interprétait "Ca plane pour moi"? Et pas Plastic Bertrand? Ecoutez toujours... |
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Les Frites de Lou Deprijck... Faudrait lui expliquer comment on fait une bonne Frite... il me fait peur avec la recette de sa grand-mère! — Chouwette, chouwette@hotmail.com, 24 févr. 2003 , ref.426. |
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Lou est une histoire belge, une vraie: c'est lui qui avait le talent et les idées, ce sont les autres qui se sont enrichis... Oui, il a fondu le Plastic. Y'a juste sa grande gueule qui devait être en métal! — Gontran, chva124@yahoo.fr, 5 janv. 2004 , ref.1299. |
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C'était au Clin d'Oeil, rue Ste Anne, Bruxelles... Aaahh Lou Deprijck, toute une époque pour moi... Je l'ai rencontré plusieurs fois au Clin d'Oeil, rue Sainte Anne à Bruxelles, au début des années 80, j'étais jeune chanteur, coupe à la Barthez avant l'heure, et il appréciait pas mal mon style. J'ai même cru qu'il allait me produire, hi hi! Aujourd'hui, mes cheveux ont repoussé et mes chansons sont au fond d'un tiroir, c'est la vie :o)))))))) — Patrick Thiry, isabelle.thiry@swing.be, 10 mars 2004 , ref.1496. |
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Jan Bucquoy: un emmerdeur anarchiste, soit, mais en quoi est-il 'facho'? Mauvaise expérience avec lui? — lionel brocq, brusselswaffel@hotmail.com, 17 juil. 2004 , ref.1722. |
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Affligeant! J'ai donc assisté au concert (heureusement, cela fait 5 ans qu'il dit qu'il n'est plus venu, mais qu'il ne revienne plus du tout, ça serait mieux) le 20 juillet place du Jeu de Balle. Affligeant! Il chantait faux (quand il n'avait pas oublié les paroles) sur une bande son des 'tubes' sur des musiques pillées un peu partout. Il n'aime pas les impôts belges: c'est pourtant avec les nôtres qu'il se fait payer! Alors qu'il reste en Thaïlande comme un gros beauf allemand et qu'il nous foute la paix avec ses commentaires poujadistes! — lionel brocq, brusselswaffel@hotmail.com, 26 juil. 2004 , ref.1728. |
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Rien à reprocher! Pourquoi parler d'affligeant? Lou a une forte personnalité. Laissons-lui la responsabilté de ses initiatives et de ses actes. Je l'ai connu à l'école primaire; j'ai fréquenté le restaurant de ses parents (sur la Grand'place de Lessines). Très épris de 'Singapour', ma recherche sur le Web n'avait d'autre but que de retrouver les sources de la plus belle chanson (encore entendue en Turquie lors de mes vacances d'été 2003) des Hollywood Bananas que je souhaitais télécharger... en vain. Souvenez-vous des 'petites rues de Singapour'! Surprise de taille: j'aboutis sur un site de frites. Et j'apprends que cet artiste a choisi (je peux le comprendre, l'en félicite et lui souhaite beaucoup de bonheur) d'habiter la Thaïlande. Un motif pour le comparer à un gros boeuf allemand? Que l'auteur de ces propos se rende d'abord dans les pays du Sud-Est asiatique. La Belgique n'a certainement aucune leçon à recevoir de ces pays-là! Et je partage les propos de Lou 'en Belgique on y naît mais...' Ceci dit, je n'aboutis pas dans ma recherche. Si quelqu'un peut m'aider à 'dénicher' cette superbe chanson (années 70/80?), merci d'avance. — Claude Etienne, claudy.etienne@skynet.be, 8 août 2004 , ref.1736. |