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2009-2010:
le chantier avance!
Frites.be poursuit ses grands travaux de mise à jour du site. Nous ne manquerons pas de vous les commenter prochainement et, d'ici là, n'hésitez pas à nous poster vos fritesques et belgo-belges suggestions (info@frites.be). Nous vous remercions donc à nouveau de votre patience et de votre compréhension pour les désagréments. A bientôt, une fois!
L'équipe de Frites.be
10 sept. 2010
Philippe Geluck
  par Hugues Henry de Frites.be (11 mai 2001).
 
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De la scène au dessin humoristique, Philippe Geluck poursuit une carrière singulière. Si l'émission pour enfants Lollipop n'a plus sa place dans tous les esprits, le Docteur G et Le Chat, eux, participent toujours activement au folklore belgo-belge!

Frites.be: Plongeons dans votre assiette! Les frites entrent-elles dans votre alimentation?

Philippe Geluck: "Aaah! De manière modérée, je n'en mange pas plus d'une fois toutes les trois semaines. Pour ne pas dire une fois par mois... Mais je trouve cela une manière délectable d'accommoder les pommes de terre. La pomme de terre est une chose magnifique, je pourrais vous en parler pendant des semaines. C'est un aliment exceptionnel parce que, quand elle est bonne, elle peut être accommodée de tant de manières différentes: en purée, en chemise, avec un morceau de beurre salé, en gratin dauphinois, rissolée, cuite à l'eau puis passée à l'huile d'olive... Donc la frite est une manière remarquable de la préparer."


La frite serait donc une friandise?

"Oui, pour moi, la frite n'est pas un aliment de base. Parce que, quand on y pense, c'est très mauvais pour la santé: c'est très gras, c'est salé... Il suffit encore de penser aux vieilles huiles dans certaines baraques à frites dont un camion ne voudrait pas pour faire sa vidange. C'est immonde, et pourtant c'est si bon."

start quoteC’est immonde, et pourtant c’est si bon!end quote

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Devons-nous en déduire que vous n'achetez pas vos frites dans les friteries?

"Ah si! Parce que cela c'est tout de même tout nous! S'il y a une chose dont on peut être fiers ici ce sont les baraques à frites. Le chanteur Jofroi me racontait un jour que les Français se moquent de nous parce qu'on mange des frites. Mais tout d'abord, ils en mangent beaucoup plus que nous - statistiquement le Français serait plus grand mangeur de frites que le Belge -, et ensuite, il y a ces baraques à frites. Jofroi m'avait raconté cela de manière merveilleuse: il s'était retrouvé place Flagey à Bruxelles un soir d'octobre, sous une pluie fine, face aux aiguillages de trams qui grincent, et il était là, le col relevé, avec un cornet de frites qui brûle un peu les mains, une sauce tartare ou pickles, et des grandes frites un peu molles mais très bonnes... C'est d'une poésie fantastique. On n'a pas beaucoup de folklore chez nous, mais cela c'est fabuleux. Quand j'étais petit à Bruxelles, j'habitais à deux minutes de la place Jourdan où il y a la friterie Antoine. On disait que c'était la meilleure frite de Bruxelles. A la maison, ma mère ne voulait pas faire des frites parce que ça puait, donc quand on en mangeait, je courais avec une casserole jusqu'à la place Jourdan, je demandais trois portions, je revenais en courant avec les frites encore chaudes et nous les mangions ensuite. Voilà ce que c'est pour moi la frite. C'est tout ce contexte, avant d'être un aliment qu'on mange à table."


A quelle sauce?

"Tartare, ou mayonnaise. Il y avait aussi le pickles de la friterie Antoine. Le grand-père le préparait lui-même et il était particulièrement bon. Je ne suis pas très sauce andalouse et mexicaine, ce sont des préparations qui sont venues plus tard, dans les années 70. Certains souvenirs d'enfance marquent toute une vie, cela se traduit parfois par le goût d'une sauce... Par ailleurs, ce qui m'a toujours fasciné c'est de savoir comment les marchands de frites réussissent toujours à mettre juste pour 10 FB de mayonnaise sur le paquet. Et pas plus ou moins. C'est un secret que j'aimerais un jour connaître, mais à mon avis ils ne peuvent pas le transmettre. Il doit y avoir des réunions entre eux où ils apprennent ce geste. Ils prennent dans le pot puis, hop, il y a ce coup de poignet qui est fascinant."

start quoteComment les frituristes réussissent-ils à mettre juste pour 10 FB de mayonnaise?end quote

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Croyez-vous à une identité belgo-belge? Si oui, quelles en sont ses caractéristiques?

"Je crois qu'elle existe. L'autodérision, un peu comme la mayonnaise dans le référendum de Frites.be sur les sauces, se retrouve proche de la première place. Le rire ensuite, car le Belge aime rire. Des amis m'ont même raconté une chose que j'ignorais, pourtant bruxellois de naissance: il existe un monument aux Vivants à Bruxelles, dans les Marolles. C'est un monument assez ancien et je trouve l'idée magnifique alors que partout ailleurs dans le monde il y a des monuments aux Morts. On dit que le Belge est un bon vivant, et il a eu cette idée-là! Ce sont des côtés positifs. Il y a en a d'autres négatifs aussi, certainement. Le Belge est un peu lourdingue parfois. Ca fait partie de son charme. Entre nous, ça ne pose pas de problème, mais si un Belge vraiment belgo-belge se retrouve au milieu d'un cénacle d'intellectuels français parlant avec rapidité et intelligence, il va passer pour un abruti. J'ai ainsi compris pourquoi les Français avaient tellement aimé rire des Belges. Même si c'est un peu passé aujourd'hui, suite aux sorties de films comme Toto le Héros de Jaco Van Dormael ou de C'est arrivé près de chez vous, suite aussi à l'émergence d'artistes comme Maurane ou Lafontaine... Les Français ont tout à coup réalisé que nous n'étions pas que des gros lourds. Ils sont quand même fascinés de voir l'effervescence artistique qui règne ici. Mon franc est donc tombé récemment: il y a des accents qui font passer les gens pour un peu demeurés. Quand on entend quelqu'un qui parle avec un accent liégeois à couper au couteau et qu'on n'est pas de Liège, on a l'impression qu'il le fait exprès. Même s'il dit quelque chose d'intelligent, ça aura l'air moins intelligent qu'une autre personne disant exactement la même chose mais sans cet accent. Je pense que c'est ce phénomène-là qui a agi avec les Français. Je dis cela sans renier mon appartenance belge, je ne rate d'ailleurs jamais une occasion pour le dire..."


Vous avez même signé le volume Made In Belgium...

"Voilà, ça me plaît donc plutôt bien de le dire, et ce que j'ai dit sur le Liégeois ça pourrait être sur le Québécois aussi. Mon propos n'est pas du tout raciste. Certains accents sont charmants: l'italien, le russe... Une jolie fille qui parle français avec un accent russe, c'est pour mourir. Mais avec un accent liégeois, comme disait Boris Vian après un voyage en Belgique: 'Je ne pourrais jamais coucher avec une fille à Liège, car cet accent me coupe tous mes effets'. Des accents font hélas un peu couillon. L'accent flamand également, on ne peut pas dire qu'il soit charmant. Mais entre nous, pour reprendre Desproges qui disait qu'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde, on peut s'en moquer. Quand on voit les Snuls par exemple, c'est à pisser de rire. C'est un miroir, en les écoutant on fait de l'autodérision."

 
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Si on vous propose de placer votre Chat sur un nouveau billet de 100 Euros par exemple, vous acceptez?

"Bien sûr. Parce qu'au moins ça rendra les billets plus faciles à copier! Ca serait la société idéale où chacun puisse dessiner son billet de banque. Quand on a un peu de difficultés à la fin du mois, on demande au gamin un peu doué à l'école en dessin de faire quelques billets et ça arrange les bidons. Je serais content de le faire, mais il faudrait qu'on vienne me le demander. On m'avait envoyé les papiers pour un concours pour dessiner les pièces de l'Euro; j'aurais pu me mettre sur la liste des candidats, mais ça m'emmerde de faire des concours. J'ai tellement gardé la hantise des examens!"


Avez-vous déjà chanté La Brabançonne? Dans quelles circonstances?

"Je l'ai chantée plusieurs fois. Une fois chez Drucker avec Philippe Lafontaine. Nous étions les invités d'André Lamy, à l'époque où il était l'ami du tout Paris. Nous étions à ses côtés pour représenter les Belges et en fin d'émission, Drucker nous a demandé quel était l'hymne national et nous lui avons chanté La Brabançonne à Champs-Elysées. J'ai encore chanté, à la radio, le texte de La Brabançonne sur l'air de La Marseillaise. Et ça colle parfaitement, c'est assez étonnant (il nous offre aussitôt une nouvelle interprétation de cet hymne expérimental, bientôt en RealAudio sur Frites.be?!) Sinon, j'ai essayé de l'apprendre à mes enfants et j'ai constaté, alors que c'était quelque chose que nous apprenions à l'école, qu'ils ne savaient pas que l'hymne national de leur pays s'appelait La Brabançonne. J'ai abandonné depuis..."

start quoteJe suis un piètre surfeurend quote

Vous est-il arrivé, sur le Web, de partir en quête des sites dédiés à votre Chat?

"Très peu. Le Web m'attire peu, même si après visite je trouve cela très sympa. Mais je suis un piètre surfeur. Il y a maintenant un site officiel du Chat (http://www.casterman.com/lechat/) et des sites non officiels. Mais à long terme, ils ne vont pas pouvoir cohabiter. Par exemple, une personne avait recopié une bonne partie du site officiel pour créer le sien. Il y a donc maintenant une police du Web qui est présente. On va mettre l'adjudant Michot sur le Web et il va traquer tous les pirates!"


Quelle est votre blague belge favorite?

"Une histoire belge plus exactement, qui se passe au marché aux poissons. Un Français de passage y voit une marchande qui arrache la peau des anguilles alors qu'elles sont vivantes, avec une tenaille. C'est épouvantable mais c'est la méthode à suivre. Le type lui demande si elle est obligée de faire cela ainsi, car les anguilles doivent souffrir terriblement, souligne-t-il. Et la marchande de répondre: 'Mais non, elles ont l'habitude hein!'. Quel bon sens. C'est une histoire vraie et je n'ai jamais su si elle l'avait dit consciemment ou pas. Et c'est souvent cela qui me fait rire et que j'essaie parfois de faire passer dans le Chat, quand il dit une énormité et qu'on ne sait pas s'il a voulu dire cela sérieusement ou pas. J'ai encore une autre histoire, celle de ces deux gendarmes belges qui sont dans une camionnette, arrêtés au feu rouge. L'un des deux à un moment dit à l'autre: 'C'est vert'. Et celui-ci répond: 'Euh... Une grenouille'. C'est très simple. Mais je raconte peu de blagues, car je ne les retiens pas."

start quoteLES REPONSES DE PHILIPPE GELUCK AUX QUESTIONS DES FRITEURSend quote

De Cocorico (kot@frites.be)

Lui qui habite près de chez moi, connaît-il la Friture des Gourmets à la limite de Bousval, près du terrain de football de Court-Saint-Etienne.

Philippe Geluck: "Absolument, je connais cette Friture. Ce sont des gens charmants, je vais parfois chercher des frites cuites une première fois et on les cuit une deuxième fois chez nous. Ces malheureuses personnes ont déjà été braquées deux fois et, une nuit, ils sont venus frapper à la porte un peu avant minuit, parce que les braqueurs avaient volé leur voiture et les avaient jetés dans les bois tout près de chez nous; ils étaient venus à la première maison, taper à la porte. Donc je connais la Friture des Gourmets et je la recommande".



De Toche, Verviétois d'origine, établi à Montréal (toche@i.am)

Docteur G, saviez-vous que le Chat est populaire au Québec grâce à un Belge de Liège, et surtout grâce aux langues de chat (chocolat) Galler?

"Je ne le savais pas, mais j'en suis ravi. J'aime beaucoup le Québec, je serai d'ailleurs au Salon du Livre de Montréal en novembre 99, mais bizarrement Le Chat n'a pas encore acquis là-bas la popularité qu'il mérite. Entre autres parce que le livre est très cher, il subit des taxes d'importation épouvantables. Nous attendons donc, mais nous ne sommes pas pressés...".


Son site officiel
Son site officiel
(11 mai 2001)
Visitez le site: www.geluck.com
Vos commentaires
Comme déjà évoqué, Geluck ne fait pas mon bonheur; au terminus Nord à Paris: nul; au GB de Rixensart: nul; au Brico de Genval: nul; chez Drucker: hyper-nul.
Pour ma part, pensez à Vadot du Vif pour la super-frite;
bonne guerre, avec poissons sans queue...
—  Pierre, pierrecgilles@hotmail.com, 31 mars 2003 , ref.536.