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2009-2010:
le chantier avance!
Frites.be poursuit ses grands travaux de mise à jour du site. Nous ne manquerons pas de vous les commenter prochainement et, d'ici là, n'hésitez pas à nous poster vos fritesques et belgo-belges suggestions (info@frites.be). Nous vous remercions donc à nouveau de votre patience et de votre compréhension pour les désagréments. A bientôt, une fois!
L'équipe de Frites.be
10 sept. 2010
 
François Pirette
  par Hugues Henry de Frites.be (10 avril 2003).
 
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2003, c'est l'année des 40 ans de Thierry Van Cauberg (depuis le 7 février) et des 20 ans de François Pirette. Un seul et même personnage habité par beaucoup plus de contradictions... Désormais Friteur d'Or, François Pirette vire sa cuti belgo-belge dans nos pages et répond aux questions de quelques Friteurs. Ca tourne!

Frites.be: Dans son interview pour la rubrique Friteurs d'Or, Robert Waseige nous déclarait: 'J'adore les gens qui ont de l'humour: mon acteur préféré est Woody Allen et il m'est arrivé de rire à gorge déployée de ce que racontait à la radio François Pirette.' Alors, heureux?
François Pirette:
'Ah bon! Ce n'est pas parce qu'il y a le nom du grand maître Woody Allen dans la même déclaration que cela peut amener la comparaison... Mais merci Robert Waseige! C'est très agréable d'entendre cela. Woody Allen est souvent quelqu'un que je prends en référence quand on me demande ce que cela fait d'être un humoriste. Mais je dis toujours que je ne me considère pas humoriste parce que c'est trop valorisant. Si je suis humoriste, quel est le métier de Woody Allen? Ou peut-être faudrait-il que j'accepte l'idée que je fais la même chose que Woody Allen? Mais je suis quand même assez lucide pour me rendre compte que le boulot qu'il produit, c'est du grand art... Le vocabulaire est trop pauvre: il devrait y avoir le mot humoriste, qui correspond parfaitement à ce que font Woody Allen et d'autres grands du genre, et un autre mot pour des saltimbanques dans mon genre. Comique? Clown? Drôliste? J'aime bien ce dernier!'

A l'époque de votre travail avec Ruquier, vous avez déclaré: 'il m'a fallu du temps pour me décomplexer de ma belgitude.' Ce qui veut dire?
'Quand on débarque dans un milieu professionnel (comme le mien) parisien, on tombe dans un cercle où tout le monde se sent très à l'aise parce que, tout d'abord, ils sont chez eux, et ensuite parce que le Français a une gouaille naturelle qui fait que ça tchatche. Or quand on est Belge, on pêche souvent par excès d'humilité et de modestie, on n'ose pas. Et il m'a effectivement fallu du temps pour prendre un peu d'assurance. Je ne dirais pas pour parler aussi fort, mais pour au moins, de temps en temps, placer un mot. Il m'a fallu aussi du temps pour ne plus mettre en avant ma belgitude; soit, après une déclaration, d'ajouter 'excusez-moi je suis belge'... Un peu comme si quelqu'un, après avoir dit quelque chose de drôle, ajoutait: 'excusez-moi je suis gros'... Oui, et alors? J'avais toujours le sentiment que je devais dire aux gens, s'ils venaient d'être déstabilisés par mes propos, que cela s'expliquait par le fait que je ne pensais pas comme eux parce que je suis Belge. J'ai donc arrêté de le dire, ce n'était vraiment pas nécessaire.'

start quoteBelge donc Frites... c’est consternant!end quote

Dans notre rubrique Friteurs d'Or, encore, le Grand Jojo raconte qu'il s'était mis en pétard sur Collaro qui, dans le Collaro Show, voulait lui faire porter une ceinture avec des Frites, parce qu'il est Belge...
'C'est un peu démodé ce genre de chose... C'est consternant! Belge donc Frites, Suisse donc lent, et, à en croire une femme politique française à une époque, Anglais donc PD. Ou encore Parisien donc grande gueule... mais ça c'est vrai (rires). Non, je n'oserais pas, ma compagne est parisienne... On me proposerait cela aujourd'hui dans une émission télé en France, s'il n'y pas un 3e degré dans l'affaire, ce serait niet. C'est un peu imbécile, sur le plan des convenances.'

Ceci dit, à en juger par votre célèbre 'Mariage bis de Philippe et Mathilde', vous ne désavouez pas un certain folklore belgo-belge...
'Ce n'est pas si folklorique que cela... Cela va vous paraître contradictoire, mais, moi qui me suis beaucoup amusé de l'actualité princière ces dernières années, je ne considérais pas cela comme un folklore. Mais comme un signe assez inquiétant d'un certain état d'esprit belge. Le folklore est une culture et j'en suis très friand. Je suis né à Mons, dans le Hainaut, donc je fais le Doudou chaque année; j'ai vécu toute ma vie à Jemappes, où il y a des Gilles... Tout cela m'est très cher. Mais pour revenir à l'actualité princière, à ces gens qui s'appellent Philippe, Laurent, Albert ou Paola, je n'ai qu'une question à leur transmettre, s'ils vous lisent, c'est: 'Cela ne vous pèse-t-il pas trop de mener cette vie-là? Vous n'en avez qu'une...' Ils étaient prédestinés; or, en poussant le bouchon très loin (bien que...): la Charte des Droits de l'Homme commence par les mots 'Les hommes naissent libres et égaux en droit', eux pas... Il y a une entorse flagrante au principe fondamental des droits de l'homme quand on naît dans un berceau princier, et cela m'inquiète. Mais je ne m'en fais pas pour eux, je sais qu'ils mangent bien, qu'ils sont soignés par les meilleurs médecins du pays, qu'ils sont - je l'espère - malgré tout un peu heureux. Je ne dis pas que la petite Elisabeth a moins de chance que la petite Jennifer née le même jour à l'hôpital du Grand Hornu et dont le papa est au chômage et la mère est aide ménagère, mais elle n'a pas les mêmes choix. Je trouve particulièrement inquiétant qu'une population de 10 millions d'habitants - même s'il y a moins de ferveur en Flandre... - dans un pays occidental industrialisé et émancipé, à l'aube du 3e millénaire, se soit laissée complètement subjuguée par une blonde sortie d'un chapeau, certes séduisante et tout ce qu'on veut, sous prétexte qu'elle allait convoler en justes noces avec un mec né dans un berceau princier. Et, tout à coup, on vit à Disneyland! Ce qui m'inquiète c'est que cela enlève d'un seul coup une belle part de libre arbitre de cette population. Pendant ce temps-là, on ne réfléchit pas à autre chose... C'est rassurant, et ensuite? Cela fait-il avancer la société? Je ne pense pas... Et ce n'est pas de leur faute, eux, ils sont clonés pour cela.'

start quoteL'humour du désuet, le rire du rien du tout... c'est belgeend quote

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Drôliste, selon vos propres termes, racontez-vous des 'histoires belges'?
'Jamais! C'est quoi une histoire belge? C'est une mode. On raconte exactement les mêmes histoires dans d'autres communautés et pays. S'il y a cependant une histoire que j'aime beaucoup, c'est celle que je vous propose d'écouter en cliquant sur le lien en bas de cette page... Mais il faut qu'on arrête! C'est une piste qui a été explorée, c'est terminé. A une époque, pour être sûr qu'une histoire soit bien drôle, plutôt que de dire 'c'est l'histoire d'un mec qui vole un sac à main', on précisait 'c'est l'histoire d'un arabe qui vole un sac à main'... c'est inacceptable. Si c'est drôle, il faut que cela le soit en soi, et pas nécessairement aux dépends de.'

Notre Friteuse d'Or Annie Cordy, quand on lui parle d'histoires belges, n'évoque pas cette 'tendance Coluche'. Selon elle, les histoires belges, ce sont ces petites scènes de notre vie quotidienne porteuses d'une tendre drôlerie...
'Oui, bien sûr, c'est tout à fait différent. C'est un état d'esprit, une façon de penser d'être belge. Certaines choses ne font rire que nous parce que nous sommes construits comme cela, intellectuellement parlant. Tout comme il y a un humour anglais, je pense qu'il y a un humour belge: l'humour du désuet, l'humour de l'anodin, le rire du rien du tout... c'est belge. Un magnifique exemple - un petit chef-d'oeuvre -, c'est dans le film 'Les convoyeurs attendent', quand Poelvoorde et Bouli sont dans l'abribus, que Bouli lit le contrat de location de la robe de mariage de sa fille et demande à Poelvoorde: 'ça veut dire quoi: la location c'est autant, plus les frais de nettoyage à sec nonobstant le fait que la robe soit souillée ou non...' Alors démarre cette scène où il dit: 'nonobstant, je dois payer ou je dois pas payer; nonobstant?' Et Poelvoorde de répondre: 'ben non, nonobstant, tu dois pas payer puisqu'il y a nonobstant...' Et ainsi de suite... Je vais peut-être dire quelque chose d'idiot, mais pour moi ce n'est pas un Français qui a pu écrire cela. Il n'y a qu'un Belge pour écrire et rire de cela, c'est une connivence. C'est parce que nous ne sommes pas nombreux en Belgique, c'est comme une famille. Deux membres d'une même famille, dans un enterrement, vont se regarder à 10 mètres et, d'une certaine manière, vont avoir un fou rire. Et personne ne va comprendre pourquoi. Nous, les Belges, nous sommes comme cela. Nonobstant... le fait que je suis sûr qu'en France cela va faire rire des gens, mais très peu. C'est une question de degré de connivence.'

start quoteC'est quasi un devoir culturel de pouvoir présenter une vraie Friteend quote

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Pour vos spectacles, vous allez justement puiser dans ce catalogue de personnages de la famille belgo-belge...
'Je connais tous les personnages que je joue sur scène, et certains d'entre eux sont un amalgame de traits de caractère ou physiques de gens que j'ai côtoyés. C'est systématique. D'une part, c'est mnémotechnique - je retiens plus facilement les noms - et, d'autre part, c'est une façon à moi de leur renvoyer un petit paquet de tendresse. On retrouvera ainsi les prénoms des enfants de mes meilleurs amis, ou Nathalie, bien sûr, qui est le prénom de ma soeur. Je n'avais jamais pensé, en créant ce personnage, que plus tard on m'apostropherait dans la rue en criant 'Nathaliiiie!' Je n'avais jamais pensé non plus que ma soeur allait se faire emmerder partout, la pauvre... ça arrive.'

Question incontournable dans ces pages: êtes-vous un amateur de Frites?
'(Rires) Vraiment pas... je suis un très mauvais Belge, je ne bois jamais de bière, je mange très rarement des Frites parce que ce n'en sont plus depuis très longtemps, excepté si on les fait chez soi... Mais je mange des moules. Ceci dit, il y a quand même quelque chose de révoltant. Si on associe la Belgique à la Frite, il y a bien une raison, non? Ce n'est pas usurpé? Alors comment se fait-il que la Belgique soit quasiment le seul pays où on n'en mange plus de véritables. C'est quasi un devoir culturel de connaître la fierté de pouvoir présenter une vraie Frite... et de ne pas sortir le sachet surgelé. C'est comme si, en France, pays du fromage, les gens ne mangeaient plus que du camembert surgelé. C'est inacceptable. Je ne comprends pas comment les Frites ont ainsi disparu de la table. Dans un restaurant en Belgique, il est rarissime de pouvoir dire à un convive étranger que nous allons manger de vraies frites. 99 fois sur 100, c'est une Frite calibrée, quasi comme au Quick. Mais personnellement ça ne me manque pas. Je trouve cela très bon, mais c'est comme un bonbon.'

start quoteLes réponses de François Pirette aux questions de quelques Friteursend quote

De Jean-Pierre Brouillard (jpbrouillard@freegates.be)

Cher François, demande au pape d'excommunier G. W. Bu$h. Il se dit croyant, mais n'a pas encore réalisé que Jésus est arabe...

'Pour ma sensibilité, cher Jean-Pierre, la question - excusez-moi - est nulle et non avenue. Je me fous éperdument de la valeur que peut représenter une excommunication, tout comme je n'accorde aucun crédit à ce que peut être une communion. Bref, autrement dit, je suis aujourd'hui un athée convaincu. Donc excommunier quelqu'un n'a pour moi aucune valeur et ce n'est pas une sanction. Quant à la 2e partie de la question... Jésus est arabe. Oui et alors... j'espère que George W. Bush n'est pas allé taper sur la gueule aux arabes, sinon il n'a pas fini... Et je ne dis pas que cela cautionne pour autant le fait qu'il soit allé taper sur la gueule des Irakiens. En résumé: peu importe qu'ils soient arabes ou pas, puisque les Américains tapent avant tout sur la gueule des gens. Ce sont des gens qui meurent. Tout comme je suis agacé par le fait que personne ne met le doigt sur l'imbécillité de faire deux comptabilités dans l'inventaire des tués, une colonne avec les civils, une autre avec les militaires. En définitive, les victimes sont tous des humains.'

De Marvin (marvin_lambrette@hotmail.com)

Je trouve François Pirette très marrant. S'il se moque parfois des gens, ce n'est pas méchamment et, dès que je l'écoute, je ris... comme une gazelle!

'Rire comme une gazelle? Je conçois encore le rire de la hyène, mais... celui d'une gazelle? Peut-être qu'il fait des bonds? Je devrais quand même conseiller à cette jeune personne de ne pas prendre de stupéfiants illicites avant de regarder un de mes spectacles; parce qu'à mon avis ce sont des effets secondaires de ce qu'il consomme et pas de mon travail.'  
François Pi...Net
François Pi...Net
(10 avr. 2003)
'Mon site Web est bloqué parce que je me suis aperçu par hasard que mon nom, François Pirette, a été déposé comme marque pour toute exploitation sur le Réseau par un quidam... que je connais. J'ai donc lancé une action juridique contre cette usurpation, ce détournement, et j'ai dû faire fermer mon site. Une personne a fait en sorte que je ne puisse pas communiquer via le Net, en me barrant la route par mon nom. Et évidemment, cette personne aimerait financer la revente de mon nom... je pense que Madonna est la jurisprudence en la matière, qui démontre que c'est du racket... Mais je ne dramatise pas. Nous avons très bien vécus sans Internet; c'est juste un magnifique outil. En matière de nouvelles technologies, souvent les gens utilisent l'outil pour le seul et unique but d'utiliser l'outil. On fait de l'ordinateur... comme si on faisait du marteau! Or un marteau sert à planter un clou. On ne se dit pas: je réserve mon samedi après-midi au marteau. Internet est un outil, mais ça ne peut pas être une fin en soi. C'est un moyen de plus que j'utilise - beaucoup - pour communiquer avec les gens. J'habite à la campagne et c'est magnifique, depuis cet endroit à 100 millions d'années lumière de la civilisation occidentale, de pouvoir envoyer une image ou un son à quelqu'un pour lui demander son avis.'
Visitez le site: www.pirette.be
Icon loud speaker Son histoire belge
(10 avr. 2003)
Ecoutez-la!
 
Sur la scène de Forest National!
(10 avr. 2003)
Avec une brochette d'invités, les 6 et 7 mai 2003...
sur Frites.be...
Vos commentaires
Et la France?
A quand la conquête du public français? On attend la tournée: Paris, Lyon... Pourquoi n'y a-t-il aucun spectacle destiné aux Français? Il y a des amateurs ici aussi. J'en fais partie et je guette... Merci et salut.
—  Sarah Lefebvre, sarah_badu@yahoo.fr, 14 nov. 2003 , ref.1170.
Prétentieux?
Navrée, mais François Pirette, tout aussi marrant qu'il puisse être sur scène, est du genre prétentieux à en mourir en dehors. Il suffit d'ailleurs de lire ses réponses aux questions sur ce site pour vous en rendre compte; et encore, la réalité est malheureusement bien pire...
—  Caro, caroline.vanherpen@yucom.be, 13 déc. 2003 , ref.1248.
Je suis allée au spectacle de François, ce vendredi au Wex à Marche-en-Famenne. J'ai eu le plaisir de me trouver au 1er rang... J'ai passé une soirée inoubliable... Merci François!
—  Sophie Godelaine, so_godelaine@hotmail.com, 15 déc. 2003 , ref.1252.
Etes-vous sympa avec les autres?
Chère Caroline Vanherpen,
Je ne suis pas une 'Fan' de Pirette, même s'il me fait beaucoup rire, mais je déteste les personnes comme vous qui critiquent les artistes en disant des bêtises du genre: 'il est pas sympa hors scène...' J'ai l'occasion de parler souvent avec lui et il est, avec moi, toujours charmant et de bonne humeur... Savez-vous que l'image que nous envoyons aux personnes en face de nous nous revient? Donc, au lieu de le critiquer ainsi, posez-vous la question suivante: 'Suis je sympa avec les autres?' Ce petit conseil vaut de l'or pour avoir d'excellentes relations avec tout le monde! Et puis, c'est par parce que on est humoriste qu'on doit tout le temps être de bonne humeur; regardez les chaussures des cordonniers: ils sont parfois très mal chaussés, mais ça ne les empêche pas d'exceller dans leur métier!
—  Fanny Toussaint, fannytoussaint@hotmail.com, 5 févr. 2005 , ref.1883.